
Cliff Sun a pris la direction de la Fédération des Industries de Hong Kong (FHKI) à un moment délicat pour de nombreuses PME locales. L’organisme, qui promeut les intérêts de ces dernières, a fait du lobbying auprès des autorités de Hong Kong et de Chine pour obtenir un meilleur soutien et encourager les exportateurs durant la récession. Pour aider à faire redémarrer rapidement les industries manufacturières, la FHKI a imaginé un nouveau projet : créer des centres de regroupement de grossistes dans le Guangdong.
Question : Quel a été l’impact de la récession mondiale sur les PME de Hong Kong ?
Réponse de Cliff Sun : Selon les résultats de notre étude, conduite entre février et avril de cette année, 91 % de nos adhérents ont déclaré que leurs commandes avaient chuté de 20 à 60 %. En moyenne, le recul s’est situé entre 30 à 40 %.
Les industries à forte intensité de main d’œuvre, telles que celle du jouet, de la chaussure ou de la confection bas de gamme, ont été les plus affectées. Car la demande des ménages à revenus moyens et faibles a chuté. L’impact est d’autant plus fort que la valeur ajoutée du produit est faible.
Q : En plus de la crise financière, quels autres défis ont dû affronter les entreprises de Hong Kong ?
CS : 2008 et 2009 ont été deux mauvaises années pour les entreprises hongkongaises dans le Delta de la Rivière des Perles (DRP). Elles n’ont pas seulement dû faire face à la baisse des commandes : dans le même temps, le renminbi gagnait rapidement en valeur, la nouvelle Labour Contract Law [Loi sur le Contrat de Travail] entrait en application ainsi que les exigences sur la protection environnementale. Tous ces facteurs ont alourdi les frais opérationnels et renforcé la pression.
Q : La FHKI a pris une initiative pour aider les sociétés hongkongaises. Quels sont les détails de ce projet ?
CS : Nous avons récemment eu l’idée de créer des centres d’achat en gros dans le Guangdong. Nous avons soumis la proposition au gouvernement de Shenzhen, en leur demandant de nous proposer des locaux. Les sociétés hongkongaises peuvent participer si elles le désirent, un espace leur est alors alloué afin qu’elles exposent et vendent leurs produits. Le gouvernement de Shenzhen s’est engagé à nous soutenir, à condition que les autorités de Hong Kong soient aussi parties prenantes. Nous avons donc présenté le projet au secrétaire d’Etat à l’administration Henry Tang, car nous avons besoin de l’aval du gouvernement de Hong Kong pour démarrer.
Q : En quoi ce centre diffère-t-il de la Design Gallery du Hong Kong Trade Development Council (HKTDC) et des salons chinois du HKTDC ?
CS : Les marques exposées à la Design Gallery sont sélectionnées par le HKTDC, la plupart du temps selon le principe du dépôt-vente. Les salons organisés par le HKTDC en Chine ne durent que quelques jours. Et les acheteurs chinois exigent en général un délai de paiement de 30 jours. Il est très difficile de prendre une décision en s’appuyant sur des observations pendant le court laps de temps du salon. Nous visons à mettre en place une plate-forme qui permette aux sociétés hongkongaises d’établir des relations de long terme avec les acheteurs chinois. Cela mettra aussi le pied à l’étrier à des sociétés hongkongaises du PRD qui veulent explorer le marché intérieur chinois.
Q : A quel stade d’avancement est le projet?
CS : Actuellement le gouvernement de Shenzhen a l’intention d’établir le centre à Hwa Nan City, suivant un concept comparable au Yiwu Market dans le Zhejiang, à la différence que les produits présentés seront plus haut de gamme. Le centre de vente en gros de Shenzhen sera une première étape pour aider les sociétés hongkongaises à tester le marché chinois. Si le projet marche, nous l’étendrons à d’autres provinces chinoises.