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Pas de fumée sans feu !
Kevin Chan a fondé en 2009 Insight Robotics, une société spécialisée dans la technologie robotique, avec ses associés Albert Ko et Rex Sham. Située au sein du Hong Kong Science Park dans le cadre du Programme Incu-Tech, la société est à l’origine du développement d’un système d’alarme de détection précoce des incendies de forêt. Insight Robotics s’est rapprochée de la Qingyuan Forestry et de la Guangdong Academy of Forestry pour pouvoir effectuer des tests sur le terrain en Chine, où environ 2% de la surface des forêts – soit 28 fois Hong Kong – part en fumée chaque année. En répondant à nos Six Questions, Kevin Chan explique pourquoi son invention est plus efficace que le système des satellites.
Qu’est-ce qui fait la spécificité de votre système de détection précoce des feux de forêts ?
Cette nouvelle technologie est une découverte capitale dans la détection des feux de forêt. Les tours de contrôle et les alertes de promeneurs en forêt, actuellement couramment utilisées pour détecter les feux, sont des procédés fortement dépendants de l’évaluation humaine. Certaines organisations utilisent un système d’imagerie par satellite, qui ne réagit qu’aux incendies de forêts à grande échelle, en ignorant les premières étincelles ou les petits foyers. Or, dans un rayon de 5 km, par exemple, notre système peut détecter de petits incendies n’excédant pas 16 m², alors qu’un système d’imagerie par satellite ne déclenchera l’alarme que pour un feu couvrant au minimum 150 m². Au moment où le satellite détecte le feu, celui-ci peut déjà être hors de contrôle. De plus, il n’est pas facile d’analyser les images infrarouges collectées, et la localisation d’un foyer nécessite au moins une à deux heures. Notre système peut pallier ces limites.
Comment fonctionne le système ?
C’est un système de communication par auto-détection. Nous installons des capteurs sur une certaine surface à intervalles réguliers. Chaque capteur collecte et renvoie ses propres signaux, tout en servant de relais aux autres capteurs, qui sont reliés entre eux afin d’alimenter le réseau en informations.
Le système scanne automatiquement la zone couverte toutes les cinq secondes. Quand un incendie se déclenche, un capteur va déceler un changement d’humidité, de température, de concentration de gaz et du niveau infrarouge de la zone spécifique. En 0,5 seconde, les capteurs vont transmettre des signaux à l’opérateur du système, qui peut alors immédiatement localiser l’incendie.
C’est la première fois qu’un tel système est utilisé pour la détection d’incendies. Le système a aussi la capacité de s’auto-réparer. Même dans les cas où certains capteurs brûleraient, ils peuvent toujours émettre des signaux avant leur « mort » à des capteurs voisins. Les autres capteurs iront alors chercher des chemins alternatifs pour transmettre les signaux à l’opérateur. Il en est de même lorsque l’on ajoute de nouveaux capteurs.
La conception et la mise au point du premier capteur d’auto-détection a nécessité environ un an et demi de recherches.
Comment vous est venue l'idée de monter une société?
Avide lecteur de revues scientifiques, j'ai toujours été intéressé par les robots. Dr Albert Ko, que j'ai rencontré à Pékin en 2008, m'a parlé du projet sur lequel il travaillait avec son associé Rex Sham. Plus tard, j'ai visité leur laboratoire à l'Université de Hong Kong, ce qui m’a décidé à investir 1 million de HK$ dans le projet. Fin 2010, nous avons estimé que le produit était prêt pour la commercialisation, et c'est alors que j'ai démarré la société.
Comment se passe la collaboration avec les autorités du Guangdong ?
Nous sommes responsables de l'aspect R&D, et le Guangdong met le terrain à notre disposition pour effectuer des tests, faire des recommandations et fournir des analyses. Cette collaboration a vraiment marqué un tournant pour la société. Nous avons accompli de réels progrès après trois tests à Hongshan, Zengcheng, et Qingyuan.
Comment avez-vous continué à développer votre société ?
Après l'étape réussie de Hongshan, nous avons décidé de poser notre candidature pour le Programme d’Incubation au sein du Hong Kong Science Park. Depuis que nous y sommes installés, notre société est davantage reconnue et nous pouvons échanger avec les autres sociétés. Nous avons aussi essayé de nous rapprocher d’investisseurs. Comme nous n'avions pas d'expérience dans la production, nous avons contacté Samson Tam, président de Group Sense, une société hongkongaise de produits électroniques. Une filiale de ce groupe a choisi d’investir dans notre société, opération qui a été facilitée par notre collaboration avec les autorités chinoises. Ce fût un autre tournant décisif pour la société. Par la suite, nous avons recherché des business angels qui puissent financer nos futures recherches.
Votre société a monté un réseau de vente dans cinq provinces chinoises. Avez-vous des projets d'expansion à l'international ?
Nous envisageons un développement sur le marché du sud-est asiatique, notamment en Malaisie, en Thaïlande, à Taïwan et en Indonésie. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes joints à la mission du HKTDC en Indonésie en décembre dernier, ce qui nous a permis d'entrer en contact avec les autorités locales – un processus qui nécessite généralement environ 18 mois de démarches et d’efforts. Nous pensons donc que la participation à cette mission valait la peine car ces contacts peuvent déboucher en une potentielle collaboration de long terme.
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