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27 janvier 2017
Le recyclage textile fait sa révolution

Le recyclage textile fait sa révolution

L’institut du textile de Hong Kong s’associe à la fondation H&M.

Le recyclage textile fait sa révolution

Le recyclage textile fait sa révolution

Les mélanges textiles sont difficiles à décomposer et recycler.

La fondation H&M fait équipe avec le HKRITA de Hong Kong pour mettre au point des procédés de recyclage des textiles innovants et transposables à grande échelle.

Les tissus usagés posent des problèmes environnementaux partout dans le monde. De grandes marques comme H&M cherchent des solutions en installant dans leurs boutiques des bacs de récupération des vieux vêtements et en distribuant des bons de réduction à leurs clients en échange de leurs dons. Cependant, nombre d’entre eux finissent leur vie dans les décharges publiques ou sont transformés en isolant, moquette ou autres produits peu valorisés. 

« La plupart de nos vêtements, explique Edwin Keh, PDG du Hong Kong Research Institute of Textile and Apparel (HKRITA) de la Hong Kong Polytechnic University, sont composés de mélanges textiles (tissu à base de cellulose comme le coton, tissu à base de protéine comme la soie ou le coton, ou polyester dérivé du pétrole, par exemple). »


Le choix de Hong Kong

C’est le seul et unique projet de ce type conduit par la fondation H&M et Edwin Keh se déclare ravi que Hong Kong ait été choisi pour développer cette technologie révolutionnaire. « Ils avaient la possibilité de proposer cette idée à n’importe quel centre international de recherche et développement, ajoute Edwin Keh. Or, ils se sont adressés à nous, non seulement parce qu’ils souhaitaient développer une solution scientifique de qualité, mais aussi, une solution qui soit transposable sur le marché le plus vite possible. La fondation H&M considère Hong Kong comme le centre de convergence de nombreuses activités liées à l’industrie, au textile et à l’habillement », remarque-t-il, avant d’évoquer de précédentes collaborations avec la fondation dans le cadre de projets de développement durable – entre autres des études d’impact des matières textiles et les procédés de teinture sans utiliser d’eau.

« Si le HKRITA a été choisi, explique Erik Bang, le chef de projet de la fondation, c’est pour sa prédilection pour la recherche appliquée et les études utiles, transposables à grande échelle et commercialement viables. Le palmarès de l’institut et son mode de travail collaboratif impliquant d’autres institutions locales et internationales, ont fortement joué en sa faveur. 

La fondation H&M cherche à maximiser son impact sur le secteur, en résolvant le problème posé par le recyclage des mélanges textiles, poursuit Erik Bang. Ceux-ci constituent une part importante, en constante augmentation, des articles produits dans le monde entier, mais on ne dispose pas d’une technologie qui nous permette de séparer les fibres pour les recycler correctement. Aujourd’hui, on parvient uniquement à recycler sans valoriser, et le secteur se voit donc contraint de produire encore plus de matières textiles vierges pour répondre à la demande. Dans la mesure où le textile est l’un des secteurs les plus gourmands en ressources naturelles et que notre planète souffre de l’actuel règne du "prendre-fabriquer-jeter", il est impératif de transformer le secteur, de le rendre circulaire et de dissocier la croissance de l’utilisation des ressources naturelles. »

Le message envoyé par le gouvernement de Hong Kong, qui a cofinancé le projet, est un message fort sur l’importance de gérer les déchets textiles et s’accompagne de moyens substantiels visant à mettre en application les technologies développées en laboratoire sur le terrain, conclut Erik Bang.


Premiers succès

Le recyclage textile fait sa révolution

Parmi les techniques de recyclage étudiées par le HKRITA, on trouve un procédé biologique inspiré de la fermentation de la bière.

Parmi les techniques étudiées par l’institut, on trouve un procédé biologique inspiré de la fermentation de la bière. Cette idée émane d’une série de projets conduits par le HKRITA et la Hong Kong’s City University, qui portaient sur la transformation des déchets alimentaires riches en amidon, comme par exemple les gâteaux et le pain de grandes chaînes comme Starbucks et Café de Coral, pour les convertir en fibres acides polylactiques. Les produits résultants ont été présentés lors d’une exposition consacrée au prêt-à-porter intelligent à PMQ, groupement de professionnels du design installé à Central district. Intitulée « Material Translation », l’exposition avait été organisée à l’initiative de 11 stylistes locaux. « Devant le succès remporté par ce procédé, nous nous sommes demandé si nous pouvions l’appliquer d’une fibre à l’autre », remarque Edwin Keh, qui voit de multiples avantages à ce mode de recyclage. « Nous utilisons les enzymes pour décomposer le tissu. Il ne s’agit donc pas d’un processus mécanique, ni même énergivore. Nous essayons de conserver au maximum les caractéristiques originelles de la fibre. Nous pensons pouvoir séparer deux matières textiles sur trois et transformer les fibres cellulosiques en sucres et en amidon avant de les recomposer en tissu, ou de les utiliser comme source d’énergie. »

L’autre série de projets est de nature chimique. Les chercheurs s’intéressent à l’utilisation des liquides ioniques, associée à une méthode hydrothermale, pour séparer les matières. Ayant récemment collaboré avec H&M à la mise au point d’une technologie de teinture utilisant moins d’eau, HKRITA, avec ses récentes recherches sur la transformation des déchets alimentaires en fibres, a un temps d’avance. 

Il ajoute qu’aucune autre étude comparable n’est menée dans le monde, surtout le volet biologique. « Sur le volet chimique, certains ont réussi à séparer les matières textiles à l’aide de liquides ioniques. Mais les résultats, à ce jour, ne sont pas satisfaisants, car le processus est long et coûteux. »

Son ambition serait, au cours des trois ou quatre années à venir, de trouver une solution rentable (qu’elle soit biologique ou chimique) pouvant être déployée à l’échelle industrielle et potentiellement créer un nouveau secteur capable de prendre en charge les matières textiles.


Apporter une solution mondiale

Le recyclage textile fait sa révolution

Edwin Keh, (à gauche) PDG du Hong Kong Research Institute of Textile and Apparel (HKRITA) à la Hong Kong Polytechnic University en compagnie du chef de projet de la fondation H&M, Erik Bang.

Edwin Keh salue l’attitude de la fondation H&M vis-à-vis de leur travail de recherche. « Ils savent que cela n’a jamais été réalisé auparavant et comprennent qu’une grande part des expériences menées en laboratoire ne peuvent pas être reproduites à grande échelle. Mais avoir un partenaire désireux de prendre des risques à nos côtés est très appréciable. Nous sommes très motivés, car c’est une problématique à la fois mondiale et locale, et sa solution contribuerait à résoudre les soucis liés aux décharges que connaît Hong Kong. Nous avons clairement annoncé que nous accorderions les licences d’utilisation du produit sans discrimination, y compris aux concurrents de H&M. »

Hong Kong sera la première à bénéficier de ce travail de recherche, puisque la licence y sera conservée, ajoute Edwin Keh. « Nous voulons produire une solution simple, élégante, susceptible de fonctionner pour une large gamme de tissus, à un coût raisonnable. Nous pensons que cela correspond très bien à notre mission d’utilité publique. »


Liens 
H&M Foundation 
The Hong Kong Research Institute of Textile and Apparel (HKRITA)


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