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3 avril 2017
Chine : le boom de l'industrie du ski ouvre de nouveaux horizons

Chine : le boom de l'industrie du ski ouvre de nouveaux horizons

La popularité des sports d'hiver offre de formidables opportunités.

Tout juste cinq ans avant les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de Pékin-Zhangjiakou en 2022, le ski, l'un des temps forts des Jeux d'hiver, n'a jamais été aussi populaire en Chine. Il suscite non seulement l'intérêt du grand public, mais fait également l'objet d'investissements dans de nouvelles installations et formations, avec le soutien du gouvernement. 

En novembre dernier, l'Administration générale du sport de Chine et plusieurs autres ministères ont publié le Plan de développement des sports d'hiver (2016-2025), ainsi que le Plan national de construction d'installations pour les sports d'hiver (2016-2022). Avec ces initiatives, le gouvernement estime que l'industrie chinoise du ski devrait représenter quelque 600 milliards de renminbis d'ici 2020 et 1 000 milliards de renminbis d'ici 2025.

Ces prévisions ont été établies à partir de plusieurs tendances identifiées dans le cadre de récentes statistiques officielles. Par exemple, d'après le rapport annuel sur le développement de l'industrie en Chine publié en août 2016, le pays comptait 568 stations de ski en activité à la fin de l'année 2015, soit une augmentation de 23 % par rapport à 2014. D'ici 2022, près de mille installations de ski devraient être opérationnelles.

Une croissance exponentielle

Chine : le boom de l'industrie du ski ouvre de nouveaux horizons

Un cours de ski collectif pour enfants.

Si l'on en croit les représentants de l'industrie, cet intérêt soudain pour le ski a émergé il y a trois ans. « Au cours de la saison 2014/15, nous avions seulement 30 inscrits à nos camps d’hiver, alors qu'en 2015/16, nous avons reçu plus de 300 dossiers d'inscription », explique Shang Li, directeur marketing de la Magic Ski School. « Cette année, nous avons déjà reçu 600 dossiers et espérons atteindre les 800 inscrits d'ici la fin de la saison. Actuellement, le montant total de nos préventes en ligne et hors ligne s'élève à plus de 4 millions de renminbis. »

Zhang Chen, co-fondateur d'Everkid, une société spécialisée dans les activités de plein air pour les enfants, observe également une forte croissance. « Lorsque nous avons créé l'entreprise en 2011, très peu de parents acceptaient que leurs enfants prennent des cours », se souvient-il. « Aujourd’hui nous prévoyons de franchir la barre des 500 participants. »

D'un point de vue géographique, le développement de l'industrie chinoise du ski fait partie de la stratégie nationale visant à favoriser l'expansion au sud et à l'ouest du pays. La société Tus Qiaobo, basée à Pékin, suit ce modèle.

Elle prévoit ainsi de construire 12 à 15 pistes indoor au cours des trois prochaines années. Les travaux ont déjà commencé sur quatre sites : Ma'anshan, Chongqing, Xuzhou et Nanning. D'autres acteurs du secteur envisagent eux aussi de construire des installations similaires.

Les défis liés au développement

Chine : le boom de l'industrie du ski ouvre de nouveaux horizons

Les moniteurs diplômés se font rares en Chine.

Cependant, cette expansion rapide a révélé un certain nombre de problèmes, dont la plupart n'ont pas encore été résolus. Le plus préoccupant est le manque de normes officielles de qualité approuvées par l'industrie, ainsi que la pénurie de professionnels compétents et d'installations auxiliaires.

Par exemple, la majorité des moniteurs chinois sont des habitants locaux, qui sont employés à temps partiel et ne possèdent aucun diplôme officiel. Ce problème est encore accentué par une autre pénurie, celle de directeurs expérimentés et de techniciens spécialisés. En raison de la forte demande en personnel qualifié, de nombreux directeurs naviguent d'une entreprise à l'autre, tandis que les nivoculteurs professionnels et les conducteurs de chasse-neige sont quasiment impossibles à trouver.

Par ailleurs, le caractère saisonnier cette industrie et les contraintes géographiques ont freiné son développement. La plupart des stations étant seulement ouvertes trois mois par an environ, les charges d'exploitation ne peuvent pas être étalées tout au long de l'année. C'est pourquoi les skieurs chinois sont nombreux à privilégier les séjours à l'étranger. Concernant les frais, les visiteurs doivent débourser plusieurs milliers de renminbis pour payer les forfaits, les cours de ski, l'hébergement et les repas, alors que pour le même prix ou presque, les amateurs de sports d'hiver pourraient partir skier au Japon ou en Corée.

Une restructuration industrielle

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Un cours de ski collectif.

Le modèle économique chinois pose, lui aussi, problème. En Europe, ce type d'installations est en grande partie géré à l'échelle locale, tandis qu'aux États-Unis, l'industrie est dominée par un petit nombre de grandes entreprises. Au contraire, le modèle propriétaire-exploitant est le plus courant en Chine, où les stations privées, qui ne sont pas exploitées uniquement à des fins commerciales, sont également prépondérantes.

Dans la mesure où cette activité exige de contrôler et d'aménager un vaste territoire, certains la perçoivent comme un véritable eldorado immobilier. Le Mylin Valley Ski Resort, un complexe détenu et exploité par Mylin Holding Group, en est un parfait exemple. Le cœur de métier de Mylin est l'immobilier et l'entreprise est déjà à la recherche d'acheteurs potentiels pour plusieurs de ses domaines skiables.

Chine : le boom de l'industrie du ski ouvre de nouveaux horizons

Les sports d’hiver ont le vent en poupe.

L'industrie des sports d'hiver a également attiré l'attention d'autres promoteurs immobiliers, comme Vanke et Wanda. Cette année, le Vanke Songhua Lake Resort a annoncé la création d'un cabinet de conseil spécialisé dans les investissements dans l'industrie du ski en collaboration avec le Beidahu Ski Resort de Jilin. Cette nouvelle joint-venture, Wanshan, ne serait autre que la plus grande société de gestion et d'exploitation de stations de ski en Chine continentale.

Les injections massives de capitaux pourraient permettre de consolider le secteur, qui serait ainsi dominé par un nombre plus restreint de grandes entreprises réglementées. Si une telle transformation s'opérait, les petits exploitants devraient alors se tourner vers les marchés de niche privilégiant le sur-mesure.

Par ailleurs, l'afflux de capitaux privés devrait aider à combler les lacunes existantes au sein de l'industrie du ski chinoise. « Le ski est un sport high-tech », indique Zhang Chen. « Aujourd'hui, la plupart des équipements utilisés en Chine, comme les accessoires, les vêtements de ski et les snowboards, sont fabriqués à l'étranger. Les fabricants chinois devraient alors profiter des opportunités commerciales liées à l’essor actuel. »

Il est par ailleurs important de prendre en compte la popularité grandissante des appareils numériques et des programmes d'entraînement virtuel. Grâce à la technologie de la réalité virtuelle, il est possible d'apprendre à faire du ski en toute sécurité, loin des pistes et des remontées mécaniques. En parallèle, les systèmes de surveillance GPS renforcent la sécurité sur place.

Enfin, plusieurs plateformes O2O dédiées à l'univers du ski ont été mises au point, parmi lesquelles GOSKI, une application pour smartphones qui permet aux utilisateurs d'acheter des forfaits, de regarder des vidéos sur la pratique du ski et de former des groupes de skieurs.

Pour plus d'informations sur le marché chinois, rendez-vous sur : http://research.hktdc.com.

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