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30 juin 2017
Les technologies collaboratives arrivent dans le commerce

Les technologies collaboratives arrivent dans le commerce

Grâce aux évolutions de la technologie numérique, les transactions commerciales deviennent plus rapides, plus simples et plus sûres.


Les technologies collaboratives arrivent dans le commerce

Déjeuner-séminaire organisé par le HKTDC et HSBC.

Les projections des banquiers, l’expérience des acteurs du commerce électronique et les développements du secteur semblent prédire l’utilisation croissante des logiciels et techniques en ligne pour gagner en efficacité. C’est ce qu’ont conclu les participants du séminaire sur le commerce à l’ère du numérique, organisé par HSBC et le HKTDC en janvier dernier.

Selon Rachel Wei, responsable HSBC, la technologie numérique et l’e-commerce sont en passe de redéfinir le mode de fonctionnement des entreprises en transformant leur modèle de développement. « Internet et les plates-formes mobiles aident les entreprises à explorer de nouveaux marchés. Le commerce international prend le virage du numérique, en particulier pour la documentation. »

Elle rappelle que les modes de paiement traditionnels utilisés dans le monde des affaires (lettres de crédit, chèques et virements télégraphiques) n’ont presque pas évolué depuis plusieurs générations.

Retard au démarrage

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Rachel Wei, responsable HSBC en matière de commerce mondial et financement des créances, pour Hong Kong et Macao.

Une récente étude de marché de HSBC révèle que, si l’utilisation des applications mobiles est répandue à titre privé, le monde des affaires est peu familiarisé avec le numérique, principalement pour des raisons d’expertise et de coûts. « Mais la majorité des entreprises hongkongaises sait que la technologie représente un atout pour améliorer l’efficacité et booster le développement commercial » précise-t-elle.

Rachel Wei observe que de nombreux acheteurs américains et européens ont déjà adopté un modèle de gestion numérique de la supply chain. Le processus laborieux des lettres de crédit est délaissé au profit de produits personnalisés  – comme dans l’industrie du vêtement – et certaines fonctions sont de plus en plus prisées, car elles autorisent des changements de dernière minute, dans un domaine où vitesse et efficacité sont des atouts déterminants.

Rationalisation des services

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Bhriguraj Singh, responsable HSBC en charge de gestion des produits documentaires, commerce mondial et financement de créances.

« HSBC explore le numérique, notamment l’application de la blockchain pour rationaliser les services commerciaux. Par exemple, les lettres de crédit peuvent se faire en toute sécurité via une plate-forme entièrement automatisée qui permet de gagner en efficacité tout en réduisant les tâches administratives et l’erreur humaine. »

La blockchain ou la Distributed Ledger Technology[1] (DLT) intègre plusieurs technologies pour créer  une base de données partagée fonctionnant par consensus et combinant des caractéristiques techniques clés. 

« La DLT ne repose pas sur un seul registre centralisé mais sur un registre partagé, visible de tous les participants, » observe Bhriguraj Singh, responsable de ces questions chez HSBC. Elle implique l’utilisation du chiffrement à clé publique, assurant l’accessibilité et la sécurisation du contenu, tout en prévenant le risque de modification fortuite ou frauduleuse des données.  Le mécanisme de consensus garantit leur fiabilité et l’acceptation mutuelle.

La DLT fournit une version unique, inviolable, des données authentiques, visible par tous, tout en restant  protégée contre tout risque de défaillance des infrastructures, cyberattaque et corruption des données.

Prototype basé sur la blockchain

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HSBC a mis au point un prototype basé sur la technologie de la blockchain (photo: Shutterstock.com).

HSBC a mis au point un prototype pour le financement lié au commerce. « Notre travail sur la validation de concept montre que les lettres de crédit pourraient se faire sur un registre partagé. Nous avons utilisé un modèle impliquant un acheteur, un vendeur et leur banque respective pour reproduire le flux de transactions depuis l’émission de la lettre de crédit jusqu’au paiement, ainsi que toutes les modalités de présentation, d’approbation et de règlement. À chaque étape nous avons montré que la partie concernée pouvait envoyer des données de manière sécurisée via un programme autonome (smart contract), » explique Bhriguraj Singh. 

« La DLT pourrait révolutionner ce domaine, en optimisant les services bancaires, la réduction des risques et le règlement. La blockchain assure un point de contrôle central, la visibilité des données et la transparence, trois atouts qui, combinés, apportent de réels bénéfices, les banques profitant aussi d’autres avantages : automatisation et traitement de bout en bout, économie de coûts, réduction de la fraude et des erreurs opérationnelles et meilleur respect des règles. » Mais selon Bhriguraj Singh, il faut encore travailler sur la cyber-sécurité, les normes, les protocoles et la conception pour que la DLT devienne une réalité. 

Selon Rachel Wei, les banques ne peuvent pas développer la DLT seules et toutes les parties prenantes doivent être prêtes à collaborer. Hong Kong, plaque tournante du commerce international, aurait tout à y gagner. La technologie de la blockchain pourrait accroître l’efficacité et la vitesse des transactions et donc améliorer la compétitivité des utilisateurs, un atout non négligeable compte tenu de l’accélération des flux commerciaux entre Hong Kong et les pays participant à la Belt and Road Initiative.

Opportunités numériques

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Chois Choi, consultant stratégique du groupe Source Network Media.

Dans un autre groupe de discussion (« e-Commerce Means Business»)  animé par  Wenda Ma, économiste du HKTDC, les participants ont débattu des opportunités du numérique pour le commerce en Chine. Jacky Chung, directeur régional du HKTDC pour la Chine orientale et centrale, a présenté les tendances du commerce en ligne en soulignant la croissance exponentielle des transactions électroniques (notamment via des appareils mobiles), et notamment les « 120 milliards de recettes de ventes enregistrées en 24 heures par Alibaba lors de son évènement « 11-11 » le 11 novembre 2016 (Jour des célibataires), soit 32 % de plus que l’an passé. »

Chois Choi, consultant stratégique de Source Network Media, pense que les sociétés hongkongaises devraient se familiariser avec le marché chinois de l’e-commerce en apprenant d’abord à utiliser WeChat, célèbre plate-forme pour les PME, afin de construire leurs propres réseaux de consommateurs, sans oublier les canaux classiques offline comme les recommandations par leurs pairs et la lecture d’avis. La meilleure approche, dit-il, est d’adopter une stratégie O2O[2], appuyée par des évènements réels pour encourager la fidélité et les recommandations, et de cibler initialement le sud de la Chine, assez proche de Hong Kong au plan culturel. 

Freedom Industrial Corporation Ltd est montée dans la chaine de valeur pour saisir les opportunités offertes par l’e-commerce en Chine. L’OEM a acheté Sudo, une enseigne australienne innovante de vente en ligne de vêtements pour enfants (2 à 14 ans). 

« Il y a un potentiel énorme au-delà des marchés australien et néo-zélandais, et surtout en Grande Chine, » explique Michael Hui, directeur général. « La marque profite de CENTRESTAGE, rendez-vous de la mode en Asie, organisé par le HKTDC chaque automne, pour accéder à ces marchés via les réseaux d’affaires. »

Vision commerciale

Lors du séminaire, Daniel Poon, principal économiste du HKTDC (Recherche internationale), a prévu une évolution minime du commerce mondial, selon les perspectives économiques et commerciales 2017. « La Chine qui traverse une période de restructuration, fera face à un ralentissement de la croissance, même si les pays asiatiques en développement resteront sans doute en tête au niveau mondial.»

Si la valeur des exportations de Hong Kong ne devrait pas dépasser le niveau de 2016, Daniel Poon souligne la performance du secteur électronique l’an passé, soutenue par les appareils mobiles, représentant pas moins de 65 % du total des exportations de Hong Kong : un signal fort pour l’économie numérique en 2017.

[1] Technologie de partage de données entre plusieurs participants.

[2] NdT : online to offline, et offline to online.

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