Page d'accueil > Site régional: France > Hong Kong Means Business

Site régional: France


5 avril 2018
Leap & Hop des guides pour les enfants

Leap & Hop des guides pour les enfants

Rencontre avec Isabelle Demenge, une parisienne à Hong Kong

 

Découvrir les temples du Cambodge ou le patrimoine du Rajasthan, faire une incursion dans la culture birmane ou un périple en Mongolie ; des expériences réservées aux adultes ? Isabelle Demenge, parisienne d’origine, voudrait que cela change grâce à Leap & Hop, des guides touristiques illustrés pour les enfants.

 

 

Comment avez-vous eu l’idée de Leap & Hop ?

C’est vraiment un projet familial. Je suis juriste de profession et nous avons quitté New York, en 2008, pour nous installer à Hong Kong et nous avons commencé à voyager beaucoup. Les destinations qui nous attiraient, n’étaient pas particulièrement appropriées pour les enfants, mais mon époux et moi-même voulions absolument y aller. En préparant un voyage au Cambodge en 2010, je redoutais de devoir littéralement « traîner » mes enfants de site en site, alors j’ai recherché un moyen de les intéresser à cette aventure. Il fallait susciter leur intérêt, trouver la bonne approche et des choses amusantes à faire pour que nous y trouvions tous notre compte. J’ai réalisé qu’ils devaient connaître un peu de l’histoire et de la mythologie hindoue pour apprécier les temples. Plus je creusais, plus je me laissais emporter par mes recherches, ce qui a débouché sur un livre d’une centaine de pages. Cette démarche a radicalement changé notre façon de voyager. Les enfants étaient impliqués, captivés et pouvaient passer des heures dans un temple.

 

Du projet familial à la publication

J’ai rencontré l’illustratrice française Emilie Sarnel, avec qui ça a collé toute de suite ! Mon idée étant de tirer les enfants vers le haut, plutôt que de rester dans un univers infantile, façon Disney, j’ai privilégié des illustrations pour adultes mais néanmoins fantaisistes, colorées et attrayantes.


Emilie a préparé un échantillon de quelques pages en se basant sur mon texte et j’ai commencé à chercher un éditeur, en France, comme nous étions françaises toutes les deux, mais ça n’a pas marché. Par la suite j’ai contacté Asia One, par le biais d’un photographe hongkongais, et nous avons d’emblée publié les trois premiers guides en 2014.


À
quelles autres destinations vous êtes-vous attaquée ?

Sur les conseils de l’éditeur, j’ai fait un guide sur Hong Kong, le quatrième, et j’ai enchainé avec Singapour, Bali, Paris, le Myanmar, New York, le Vietnam et la Mongolie. Cette année, le guide du Sri Lanka a enregistré les meilleures ventes, et celui du Cambodge se maintient.


Comment vous adressez-vous à des enfants de 8 à 13 ans ?

J’évoque des sujets susceptibles d’intéresser les parents et qui aident à appréhender une nouvelle culture (l’architecture, la religion, l’histoire et la géographie) en les abordant par petites touches de façon à ce que les enfants comprennent, mais sans schématisation excessive. C’est simplifié, mais néanmoins très précis. Puis je retombe en enfance en imaginant des activités divertissantes dans des sites choisis pour chaque destination. Par exemple, j’ai un jeu d’espion sur une fresque murale géante à Jodhpur, en Inde ; une chasse au trésor dans le quartier Little India à Singapour ; une autre dans le temple de Bayon au Cambodge ; ou encore une promenade-quizz à Grand Central à New-York.

 

Outre la vente de vos livres en ligne ou en librairie, vous avez développé des partenariats, notamment  avec l’Hôtel Crillon à Paris. Quelle est l’importance de ces partenariats ?

J’ai noué des partenariats avec plusieurs agences de voyage haut de gamme qui utilisent mes guides comme cadeaux d’accueil pour les familles réservant sur les destinations couvertes par la série. J’ai fait de même avec des hôtels de luxe. Personnellement, je préfère recevoir une attention pour les enfants en guise de bienvenue plutôt qu’une bouteille de vin, et un livre plutôt qu’un nounours. L’enseigne Aman Resorts offre mes guides au Cambodge, au Sri Lanka, à Bali et en Inde ; j’ai également un projet en cours à New York avec le Greenwich Hotel. À Paris, j’ai approché Le Crillon, qui a réouvert en juillet 2017 après quatre ans de travaux, et je leur ai proposé un guide spécial, customisé.


Je m’efforce de développer ces partenariats parce qu’ils offrent un autre moyen de tirer profit des guides existants. La distribution c’est bien, mais difficile, et les librairies ont tendance à fermer ! La difficulté vient aussi du fait que je dois pénétrer un marché qui n’existe pas vraiment.

 

Dans quelle mesure votre localisation à Hong Kong a-t-elle influencé votre activité ?

Je n’aurais pas pu entreprendre cette aventure ailleurs. La situation géographique de Hong Kong, à trois heures d’avion de tous ces pays, en fait un lieu idéal pour les voyages. J’ai essayé de vendre le concept en France à plusieurs reprises, même après la publication de sept ou huit numéros à Hong Kong, mais en vain.  Et pour publier aux États-Unis, il faut de l’argent. Ici cela me paraît plus facile, y compris de trouver de l’aide et des contacts. Mon éditeur a misé sur moi et je ne sais pas si cette chance m’aurait été offerte ailleurs.

 

Quel est votre prochain projet Leap & Hop ?

Je travaille actuellement sur la Nouvelle Zélande. Nous y sommes allés pour Noël. J’ai écrit une version

pilote pour les enfants et je me suis aperçue qu’il y avait énormément de choses à dire.


Le contenu de ces guides pourrait être présenté via une application, mais cela exigerait un investissement considérable, et ce n’est donc pas encore à l’ordre du jour. J’aime l’idée d’un livre-objet, que l’on emporte dans son sac à dos et que l’on garde en souvenir.

 

Liens
Asia One
Leap & Hop

 

Retrouvez-nous sur :   Twitter –  Facebook –  LinkedIn